Un avis

“Souvenirs de Syrie”, la critique de Lilia Marsali, journaliste

Jamais je n’aurais cru voyager dans le passé de nos ancêtres communs au beau milieu d’un espace urbain peu familier aux vieilles pierres porteuses d’histoires d’Orient.

Et pourtant Alain Homsi nous y mène rassurant sans détour en empruntant les chemins de sa mémoire. Lui a été dicté une mission de garder précieusement ces pans d’amour comme si tout allait disparaître.

Alain nous invite à l’hospitalité des lieux et partage un imaginaire immortalisé dans lequel on se laisse bercer comme un enfant immaculé.

Une visite guidée agrémentée d’anecdotes, et toujours cette douceur syrienne polie qui accepte l’humour dans la narration pour évoquer les moments de joie tempérée de pudeur.

Je suis restée scotchée devant chaque photo de peur de perdre une seconde à ne plus sentir ce qui pénétrait en moi. Je scrutais grands yeux ouverts chacune des pierres, chacun des personnages, j’approchais naïvement mes oreilles visuelles pour capter les échos de beauté qui se confrontaient aux échos d’horreur dans ma tête, ceux qui empêchent notre monde de confort à vouloir comprendre.

Certes, les exils sont difficiles à “endosser”, les transmissions bien timides et feutrées. Aussi les photos d’Alain Homsi nous réconcilient à nos “racines” oubliées. Les pierres de croissant et de croix nous racontent leurs histoires communes, syriens et syriennes nous redonnent le sourire familier, un doux sourire printanier, des figures d’hommes sages à la barbe sainte dont on imagine le parfum du musc enveloppant jusqu’aux habits. Et toujours cette beauté mystique des monothéismes planant, un vivre ensemble gravé sur roche.

L’exposition fort utile est avant tout un beau message d’amour et de PAIX. C’est également un geste humanitaire puisque nous pouvons acheter les photos sous différents formats. Les recettes iront à AAVS , une association humanitaire qui vient au secours de la population syrienne.

Je vous conseille vivement d’aller écouter ce qu’Alep et Damas ont à vous dire.